Pourquoi avons-nous soif ?

La soif est une réflexion conditionnée par les besoins de notre organisme qui, par nécessité, nous envoie un signal qui a pour fonction de maintenir l’équilibre hydrique entre les entrées et les sorties d’eau. Quand nous avons soif, c’est notre corps qui nous parle et nous invite à boire. Écoutons-le parce que c’est important pour notre santé. L’eau potable est une nécessité pour maintenir des fonctions vitales importantes et rester en bonne santé. Découvrons ensemble pourquoi.

Le bilan hydrique est la “force” de l’eau corporelle
Pour remplir ses différentes fonctions, l’eau est présente dans notre organisme jusqu’aux profondeurs. Les deux tiers de l’eau totale sont présents à l’intérieur des membranes cellulaires, où l’eau est le principal composant des liquides intracellulaires et extracellulaires (plasma, lymphe, liquide interstitiel et liquide céphalorachidien). Cependant, la plupart de ses fonctions vitales sont régies par le bilan hydrique, une sorte de ” force ” qui permet à toutes les activités physiologiques régies par l’eau d’avoir lieu.

En effet, le bilan hydrique doit toujours être en équilibre entre les entrées et les sorties d’eau afin de maintenir l’osmolarité, c’est-à-dire la même concentration de sels dissous dans le liquide intracellulaire et extracellulaire (en particulier celui entre la cellule et la cellule). De plus, il maintient également une valeur constante du volume du plasma et donc du sang. Ce sont certainement des concepts et des mots complexes : voyons mieux ensemble.

Entrées et sorties physiologiques de l’eau
L’eau que nous buvons est essentielle pour maintenir l’équilibre hydrique entre les entrées et les sorties d’eau du corps. Dans des conditions normales, l’eau est éliminée principalement par l’urine (1,5 litre par jour), puis par les fèces et la perte d’eau par la peau et même par les poumons (environ 0,7 L/jour). Les revenus sont plutôt garantis par tous les types de boissons (800-1500 ml), dont la plus recommandée est toujours l’eau, car comme nous l’avons déjà vu, l’eau potable est aussi une bonne source de minéraux utiles à notre organisme, mais sans apporter de sucre en excès.

L’apport de liquides provient également des aliments (500-700 ml) et de l’eau endogène produite par notre métabolisme. En particulier, pour chaque gramme de graisse ingéré, nous produisons 1 ml d’eau, pour chaque gramme de glucides 0,55 ml et enfin pour chaque gramme de protéines 0,41 ml.

L’équilibre entre les entrées et les sorties d’eau est vital : pensez que si notre poids corporel diminue de 1% à cause des pertes d’eau, celles-ci peuvent être facilement rééquilibrées en 24 heures, mais déjà à 10% la perte d’eau peut être trop importante, et donc fatale. Notre corps est en bonne santé si l’équilibre hydrique est en équilibre et est en fait “conçu” pour avoir un système de contrôle sophistiqué. Dans tout notre corps il y a des sentinelles appelées récepteurs, capables d’intercepter les altérations les plus sensibles du bilan hydrique (qu’il s’agisse d’excès ou de manque d’eau) et d’activer le rééquilibrage.

Que se passe-t-il à un niveau profond ?
Les récepteurs signalent aux systèmes de rééquilibrage physiologique du bilan hydrique :

Variations de l’osmolarité des liquides intracellulaires et extracellulaires

L’osmolarité conditionne le volume du liquide intracellulaire, c’est-à-dire de la cellule, en fonction de la concentration en solutés ou en sels du liquide interstitiel, un des constituants des liquides extracellulaires. Les deux liquides doivent avoir la même concentration de sels. Si le liquide intracellulaire a une concentration plus élevée de sels, l’eau tend alors par osmose à passer à l’intérieur de la cellule jusqu’à ce que l’osmolarité retrouve son équilibre, favorisant la tonicité de la cellule. Par contre, si le liquide interstitiel est plus riche en sels, la cellule se froisse car l’eau passe à l’extérieur.

Changements dans le volume sanguin

Le volume de sang doit également rester constant en tout temps, sinon des conséquences dangereuses pour le système cardiovasculaire peuvent survenir. Si le volume augmente, la tension artérielle augmente, car le sang est moins dense. Au contraire, si la teneur en eau du plasma diminue, le sang devient plus visqueux, la pression diminue et le cœur se fatigue.

Les sentinelles avertissent, notre organisme réagit
Les sentinelles dispersées dans notre corps sont donc très sensibles aux moindres variations des volumes intracellulaires et plasmatiques et peuvent activer des systèmes de compensation pour rééquilibrer les entrées et sorties d’eau. En particulier, si les volumes augmentent, notre organisme favorise la production d’urine, alors que s’ils diminuent, le stimulus de la soif est actif. Par exemple, lorsque nous mangeons trop salé : le corps perçoit une plus grande présence de sels et pour rééquilibrer les liquides stimule immédiatement à boire.

La réponse au stimulus de la soif est toutefois variable, surtout chez les personnes âgées et les enfants, qui ont tendance à avoir une sensibilité réduite, ce qui explique leur risque élevé de déshydratation. En particulier, les jeunes enfants n’ont pas encore l’habitude de répondre correctement au stimulus de la soif (comme les autres stimuli) et préfèrent souvent continuer à jouer, les personnes âgées perçoivent plutôt moins la soif en raison de la détérioration des mécanismes rénaux et neurologiques qui l’activent et la gouvernent, évidemment due à l’âge.

La déshydratation n’est pas un risque à sous-estimer. Vous pouvez survivre longtemps sans nourriture, mais après seulement 2 ou 3 jours sans prendre aucun type de vie liquide court un risque sérieux. Une déshydratation de 10% est déjà très grave parce qu’elle altère gravement nos fonctions organiques, mais lorsque vous arrivez à 20-30% des pertes peuvent même venir à la mort. Le risque d’empoisonnement ou d’hyperhydratation de l’eau est beaucoup plus difficile, car vous pouvez prendre jusqu’à 9,5 litres d’eau par jour en toute sécurité. Une fois ce seuil dépassé, les concentrations d’électrolytes organiques, comme le sodium (hyponatrémie), sont toutefois diluées de manière dangereuse.

Nous avons donc découvert pourquoi nous avons soif et pourquoi il est nécessaire de répondre aux signaux que notre corps nous envoie. L’eau potable est une véritable source de bien-être pour nos fonctions vitales et contribue également à nos performances physiques et mentales, comme le disent les études scientifiques. En fin de compte, nous sommes principalement constitués d’eau et nous ne pouvons donc qu’en avoir besoin.